dimanche 18 août 2019
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Des artistes africains exposent au Maroc pour une énergie propre

Après Paris, Londres, Abidjan, Addis Abeba, Le Cap et Washington, Rabat accueille jusqu’au 15 août 2019 au musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain l’exposition itinérante Lumières d’Afrique.

ette manifestation est née en 2015 pendant la COP 21 à l’initiative d’African Artists for Development (AAD), une ONG à caractère philanthropique qui soutient des projets de développement durable associés à des créations d’artistes contemporains.

54 d’entre eux venant chacun d’un pays du continent ont planché sur le thème de la lumière, de l’énergie et de son développement. Un enjeu considérable car sans réseau électrique, croissance et progrès restent impossibles. 600 millions d’Africains sont privés d’électricité à ce jour.

« L’objectif de cette exposition est clair : sensibiliser par un geste artistique exceptionnel à l’enjeu essentiel que constitue la couverture complète de l’Afrique en électricité, avec des réseaux efficaces s’appuyant sur des technologies durables. (…) Le but ultime est que cette exposition devienne un jour le symbole de cette prise de conscience et d’un engagement continental pour une nouvelle croissance respectueuse de l’individu de la planète et du climat », précise Gervanne Leridon, co-présidente de AAD.

Né en 1984, l’artiste pluridisciplinaire sud-africain Athi-Patra Ruga travaille à la croisée de la mode et de l’art contemporain. Il questionne les notions d’identité, d’aliénation, de symbiose entre le corps et l’esprit. Ses vidéos, photographies, créations textiles et performances, mélangent culture populaire, politique et érotisme. Il a été récompensé en 2017 pour sa série « Queens in Exile » (dont est tirée cette photo) par le prix Seydou Keïta, Grand Prix des 11e Rencontres de Bamako, la biennale africaine de la photographie au Mali. Athi-Patra Ruga / Whatiftheworld gallery

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Franck Lundangi est né en 1958 en Angola. Avec ses parents, il est obligé de fuir son pays où la guerre civile fait rage. D’abord installé en RCD, il se destine à une carrière de footballeur, mais des problèmes de santé mettent fin à ses rêves. Il s’installe en France en 1990. Grâce à sa femme artiste-peintre, il découvre le milieu artistique. D’abord passionné par le dessin, il se tourne définitivement vers la peinture et la sculpture. « J’aime le silence, j’espère que ma peinture reflètera ce silence, cette paix intérieure que j’essaie de maintenir », précise-t-il. Depuis plus de 20 ans, ses œuvres fortement teintées de poésie et de spiritualité sont exposées dans le monde entier.   Franck Lundangi / Mathieu Lombard

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Aïda Muluneh est une artiste pluridisciplinaire éthiopienne née en 1974. Elle parcourt le monde depuis son enfance, fait des études au Canada et aux Etats-Unis. Diplômée de cinéma, elle se tourne pourtant vers photojournalisme, rentre au célèbre « Washington Post » avant d’embrasser une carrière artistique. Un regard africain sur l’Afrique telle est sa démarche. Elle veut changer la vision de ses contemporains sur le continent. « L’Afrique est toujours présentée par des images négatives, d’Africains affamés et de conflits », déclare-t-elle. La femme, sa représentation et sa place dans la société africaine, est au centre de son œuvre. Aïda Muluneh

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L’artiste de renommée mondiale et directeur du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia de Bamako, Abdoulaye Konaté, est né en 1953 au Mali. Depuis plus de 40 ans, il teint, découpe, coud des morceaux de tissus pour créer des paysages-patchworks, des tapisseries-tentures, des sculptures-textiles. Son art n’est aucunement décoratif. Il aborde à travers ses œuvres tous les maux qui agitent aujourd’hui l’Afrique, mais aussi le reste du monde : racisme, corruption politique, conflits ethnico-religieux, changement climatique… « Je ne dirai pas que je suis un artiste engagé, mais je m’intéresse aux problèmes sociaux. (…) Je ne veux pas qu’on regarde d’abord le tissu, je l’utilise comme une palette, parfois pour traiter de thèmes très violents. Je souhaite qu’on voie d’abord la couleur et le thème », déclare-t-il. Abdoulaye Konaté / Primo Marella Gallery

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Gonçalo Mabunda est né en 1975 à Maputo, peu avant la « guerre de seize ans ». Ce conflit a ensanglanté le Mozambique de 1976 à 1992 et fait un million de morts et quatre millions de déplacés. A 17 ans, il intègre le studio Nucleo, un collectif artistique, et se forme au métal dont le bronze. Son travail reste très marqué par la violence et l’absurdité de ce conflit. Ses œuvres, où il transforme des armes de guerre en objets d’art – trônes, masques, totems – ont acquis une renommée internationale. Gonçalo Mabunda

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Emeka Okereke est né en 1980 au Nigeria et s’est formé aux Beaux-Arts à Paris. Photographe et vidéaste, son œuvre est imprégnée de poésie. Il vit et travaille entre l’Afrique et l’Europe. Membre du collectif artistique « Depth of Field » (Profondeur de champ), il est également le fondateur et directeur artistique de l’Invisible « Borders Trans-African Photography Project ». Ce projet rassemble tous les ans une dizaine d’artistes africains pour un périple photographique à travers le continent. Emeka Okereke se décrit comme un « être frontalier » et déclare : « j’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas de vie sans mouvement et ce que je recherche à travers mon art, c’est ce mouvement. Je me demande toujours : où bat le cœur ? » En 2003, il a reçu le prix du meilleur jeune photographe de l’AFAA « Afrique en création » à la 5e édition du festival international de la photographie de Bamako. Il a été nommé en France Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2018. Emeka Okereke

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John Goba, né en 1944 à Mattru Jong province du Sud, en Sierra Leone, vit aujourd’hui à Freetown, la capitale du pays. Il a grandi au sein de la société secrète des femmes Bondo, où sa grand-mère jouait un rôle important. Ses sculptures colorées, appréciées dans le monde entier, sont réalisées en bois recouvert de peinture industrielle et couvertes d’épines de porc-épic, auxquelles sont attribuées des vertus protectrices et mystiques. Il s’inspire du savoir-faire traditionnel, des secrets et des contes ethniques, en particulier ceux des Mende, dont il est issu.  Il a participé à de nombreuses manifestations consacrées à l’art contemporain africain. Il est régulièrement invité aux biennales internationales. John Goba / Mathieu Lombard

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